LE DERNIER JOUR D’UN CONDAMNé, un roman à thèse

  

 

                Le Dernier Jour d’un Condamné  se présente comme un récit  à  visée argumentative : la narration n’est pas un simple luxe artistique ni une recherche esthétique mais elle  sert plutôt une cause, une thèse. De là, on s’accorde parfois à le classer comme un roman à thèse le plus représentatif du genre.

          Le roman à thèse est, donc, un texte à idée, héritier du conte philosophique. Dans ce genre, la forme narrative n’est qu’un habillage  voulu d’une portée plus profonde. Le récit vient, ainsi, habiller l’idée. L’auteur se cache derrière son personnage pour passer ses messages, ses arguments. Il tente de convaincre son lecteur sans pour autant adopter un style pédant et didactique, il préfère séduire par une histoire  et toucher, par la peinture des émotions, un lecteur qui ne demande d’ailleurs que d’être persuadé.

          Le Dernier Jour d’un Condamné  parut d’abord en 1829 sans nom d’auteur.  Hugo voulait donner au lecteur l’illusion qu’il  est en train de lire un véritable journal d’un condamné à mort. Il ne revendiquera, d’ailleurs,  l’ouvrage qu’en 1832. La forme du journal ou du monologue intérieur permet au lecteur de s’identifier au personnage/narrateur qui nous dévoile les angoisses qu’il vit à l’approche de l’heure fatidique. Le texte devient  alors le  journal des souffrances atroces du narrateur.